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L’engagement a souvent supposé de croire en un idéal et de
l’incarner dans des actions et des projets pour devenir une réalité
vécue.
Mais la difficulté du
développement durable, et sa faiblesse sans doute, est qu’il
n’existe pas de consensus intellectuel sur sa forme. Il est un idéal
en émergence qui repose sur les actions. Bref, avec le développement
durable, l’engagement construit l’idéal et ne se construit pas
d’après lui.
Notre responsabilité est
donc double : faire des actions qui méritent d’être exemplaires,
sans être parfaites, pour en faire des références servant de base à
une définition. Le second aspect de notre responsabilité est de
sortir des schémas d’engagements classiques maquillés sous une
communication « développement durable » qui en renouvelle la forme,
mais non véritablement l’esprit. Le développement durable n’est pas
l’écologie, ni l’économie solidaire ou sociale. Il est une idée en
soi d’équilibre entre environnement, enjeux sociaux et économie.
Cette dernière doit, à ce titre, faire partie intégrante de cette
réflexion, sans a priori négatif, et peut-être même avec l’arrière
pensée qu’elle est le seul moyen de donner corps et résonance au
développement durable
En réfléchissant plus
loin encore sur cette définition en devenir du développement
durable, elle suppose qu’il ne soit pas seulement une idée, mais
aussi une façon de regarder le monde, une méthodologie, une attitude
face aux interrogations persistantes de nos sociétés modernes pour
créer des actions pertinentes.
En ce sens le
développement durable est à la fois l’esprit et la lettre d’une
société que l’on souhaite plus équilibrée, à défaut d’être plus
juste.
Alors chaque acte mené,
chaque projet sur le terrain, sans parti pris, sans préjugés, sans
cloisonnement entre logique ou acteurs est une avancée qui montre
l’engagement pour le développement durable et en nourrit
simultanément la compréhension. On peut décider de laisser ce
travail de définition à d’autres, mais il ne faudra pas alors
revendiquer une différence ou en critiquer la justesse.
Le développement durable
nous donne cette formidable opportunité de redéfinir un mode et des
modalités de vivre, mais cela exige de prendre ce risque formidable
de proposer et non de s’opposer. Créer le développement, c’est
s’engager pour et non contre.
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